Nécessité de la gestion des connaissances et cartographies

L’augmentation des informations et des connaissances ces dernières années est pharamineuse :

  • on listait sur le web 20 000 sites en 1995, 10 millions de sites en 2000, et plus de 1 milliard en 2014;
  • l’encyclopédie de Diderot contenait environ 60 000 articles, l’Encyclopaedia Britannica 120 000 et Wikipedia 4,5 millions pour sa seule version anglaise !

La quantité de connaissances produite chaque jour par les centaines de milliers de scientifiques de tous les pays et dans tous les domaines dépasse la capacité d’absorption, (si ce n’est de lecture …) de n’importe quel individu. L’univers de la connaissance a subi son « Big-Bang » cataclysmique.

Il est devenu vain d’apprendre pour apprendre aujourd’hui, alors que le savoir se développe aussi vite. Une curiosité personnelle pour un sujet, une motivation professionnelle sont des moteurs puissants, mais insuffisants seuls pour nous aider à assimiler les notions que nous pourrions juger utiles : comment trier dans cet ensemble gigantesque, comment nous orienter dans ce nouvel univers des savoirs ?

L’immense mémoire collective stockée sur les ordinateurs et accessible par les réseaux nous renvoie non seulement à notre propre ignorance, mais aussi à l’ignorance de notre savoir : que savons nous, que devons nous encore apprendre, que pouvons nous apprendre et dans quel ordre ? L’immobilité face à la complexité est-elle la seule réponse ?

Et pourtant le paradoxe existe : face à cet ensemble infini de connaissances, nous partons avec notre maigre bagage vaillamment à l’exploration, toujours plus avides de savoirs, car les solutions semblent à portée de notre compréhension. Autrefois, nous avions confiance en l’érudition du savant, individu qui avait péniblement compilé et digéré des connaissances dans les livres et les bibliothèques. Aujourd’hui, nous empruntons ce parcours initiatique grâce aux bottes de sept lieues que nous offrent Google et autres moteurs de recherche. Par exemple, avant de consulter un médecin, ou juste après, la démarche n’est elle pas de regarder sur Internet ce qui est su d’une maladie, d’une partie du corps, d’un médicament, ou d’une opération ? Mais invariablement, face à la complexité et faute d’éléments structurants, nos quêtes de savoirs aboutissent sur des résultats bien minces et peu étayés face à celui des spécialistes. Que doit-on apprendre pour résoudre un problème qui s’impose à nous, et tout aussi symétriquement, comment identifier nos acquis ? Une question fondamentale pour les organisations, mais aussi à l’échelle de l’individu !

Faire la liste des grands thèmes puis la raffiner progressivement, et ceci en fonction des besoins est une tâche qui  s’avère non seulement très longue intrinsèquement (à quel niveau de détail s’arrêter ?) mais aussi qui doit prendre en compte, pour être efficace, le fait que les connaissances ne sont pas indépendantes, mais liées entre elles. L’univers des connaissances est un gigantesque graphe en perpétuelle et rapide expansion. Nos savoirs, balises imprécises dans cet univers, sont des marqueurs de territoires dont nous devons pousser et reculer les frontières.

Il nous faut une carte de l’univers des connaissances, à des échelles variées, nous permettant, comme avec nos GPS, de naviguer de façon compréhensible et mesurée dans ce tissu complexe et invisible. Comme dans tout voyage et avant de partir, nous devons penser à l’utilisation de cartes, d’outils de navigation et de moyens de transport efficaces et rapides.

La gestion des connaissances est en premier lieu un problème de cartographie.

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