LES CARTES ARGUMENTAIRES

Existe-t-il une façon de présenter l’argumentation d’une assertion qui en permet l’appréhension rapide et plus efficace par un interlocuteur ? OUI ! il s’agit de la carte argumentaire.

Soit « A » l’assertion que nous voulons démontrer.

L’interlocuteur peut admettre « A » sans discuter, mais souvent il demandera plus, surtout si « A » est complexe ou le concerne directement dans son confort.

L’explication prendra alors la forme suivante : « A » car « B » et « C », « B » car « D » et « E », « C » car « F » et non « G », car non « H », etc…

Une carte argumentaire est la représentation visuelle de la structure d’une argumentation. Le dessin est à base de graphes, dont les nœuds sont la conclusion, les hypothèses, les prémisses, le références, les lemmes, etc. Les arcs lient visuellement ces éléments entre eux.

ARGUMENTATION - ARBRE

L’objectif est de simplifier la lecture du raisonnement, ainsi que de focaliser l’attention lors d’un instant ou d’une discussion. Le diagramme ci-dessus permet de voir immédiatement que « E » et « F » sont indépendants, et comment ils concourent à « A ». Cette structuration est très difficile à présenter dans un discours textuel linéaire classique.

La représentation sous forme de graphe permet également d’effectuer plusieurs parcours/lectures de l’arbre, tous équivalents, mais dont l’ordre diffère. Plus pratique encore, un parcours partiel de l’arbre permet de se consacrer exclusivement à un sujet.

Structuration, clarté, rigueur, facilité d’écriture, plusieurs modes de lecture possible, la carte argumentaire est un outil de base pour appuyer des raisonnements !

Que pensez-vous de largumentation suivante ?

les-biocarburants-sont-bons-pour-lenvironnement

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Les Mathématiques Technologie clé !

C’est le titre bien provocateur de cette première et inaugurale « matinale de l’innovation » qui a eu lieu ce 30 janvier au MEDEF. Et pourtant près de 300 inscrits professionnels et grand public ont répondu présents, le grand amphi rue Bosquet presque plein !

Cedric-Villani

Nous étions partis d’un constat :

  • La performance et la productivité de secteurs aussi variés que l’informatique, les transports, l’agriculture, la biologie, la recherche pétrolière, l’ingénierie des systèmes complexes reposent tous sur la performance d’outils mathématiques, sur la capacité de modélisation mathématique et de calcul de ces modèles. A ce constat technique et intuitif se rajoute se rajoute l’étude économique Deloitte en UK qui montre que près de 10% du PIB est relié directement ou indirectement à des activités mathématiques.
  • Le monde économique et technique n’a jamais eu autant besoin de mathématiques et de mathématiciens.
  • La France a des atouts maîtres dans ce domaine, avec une densité de mathématiciens de haut vol (Médailles Fields et autres formations) exceptionnelle.

Et nous entendons d’un autre coté des commentaires et des résultats inquiétants :

  • Une image très négative dans les esprits et les médias :
    • Les mathématiques favorisent la sélection
    • Les mathématiques c’est compliqué, je n’y comprends rien
    • Les mathématiques c’est abstrait, ce n’est pas pour l’entreprise
    • etc
  • Réduction des heures en mathématiques dans l’enseignement secondaire
  • Un niveau PISA en berne pour la France, qui se situe très loin des 3 premiers, et dont l’écart aux premiers est inquiétant : Chine-Shanghai 613 points, France 495, Colombie 376.

Le système français fait-il marche arrière sur un de ses points forts ? Devons nous être inquiets pour l’avenir ? Peut-on encore, et si oui comment développer cet avantage compétitif pour la France ?

Les présentations, très résumées ci-dessous ont présenté les points suivants :

  • Pierre Gattaz, président du MEDEF et de Radiall, a resitué la colloque dans le contexte de la dynamique économique et de l’emploi : il faut utiliser les mathématiques car elles sont cruciales pour la croissance et l’emploi.
  • Alain Bravo, Vice président de l’Académie des Technologies, considère les mathématiques comme une compétence clé sur laquelle viennent s’appuyer l’ensemble des techniques.
  • Gabriel Gross, président de Meteoprotect, nous a expliqué l’intérêt des mathématiques pour ajuster la production des entreprises en fonction des données statistiques et en particulier de la météo: par exemple les volumes de gaz consommés pour le chauffage sont directement en phase avec le niveau de la température.,
  • Corine Mestais, directrice de recherche au CEA – Grenoble nous présente le projet « Brain computer interface » développé au sein du groupe Clinatec. Une équipe de médecins, technologues, ingénieurs, mathématiciens mène des recherches et des expériences pour comprendre comment l’intention d’une personne peut se traduire en influx nerveux qui commandent ses mouvements. Il s’agit, par des mesures de signaux d’activités de certaines parties du cerveau, d’imaginer les mouvements souhaités et, par des modélisations mathématiques et algorithmes, de les traduire en activités motrices exécutées par des prothèses qui équipent les patients.
  • Stéphane Cordier, agrégé et docteur en mathématiques, directeur de l’Agence pour les Mathématiques en Interaction avec l’Entreprise et la Société (AMIES), nous parle de la place du mathématicien dans une entreprise. Les mathématiciens ne sont pas toujours visibles dans les entreprises, mais y sont très présents et reconnus comme facteurs de croissance. Ils sont, en fait, l’oxygène du monde digital car vitaux pour faire vivre les technologies du numérique. Il convient de changer l’image du docteur en mathématiques dans l’entreprise, faire savoir qu’on peut tirer de gros profits de sa compétence et surtout qu’il n’est pas seulement confiné au monde de la Recherche. On compte environ 12000 titulaires d’un doctorat en mathématiques en France, avec seulement 20% de femmes, et 4000  chercheurs dans le secteur académique. Notre pays n’a pas de territoires déserts en docteurs en mathématiques et produit environ 500 docteurs en mathématiques chaque année dont un tiers part à l’étranger, mais ce tiers est compensé par un autre tiers qui vient de l’étranger. Avec le nombre de médailles Fields décernées à des Français (dont celle de Cédric Villani en 2010), l’Ecole Mathématique de France est reconnue dans le monde entier pour son niveau d’excellence. Au Congrès International des Mathématiciens, qui s’est tenu à Séoul en août 2014, où sont décernés les médailles Fields aux mathématiciens, jugés les plus brillants et de moins de quarante ans, 20% des lauréats étaient français.
  • Cédric Villani, médaille Fields 2010, professeur à l’Université Lyon 1 et directeur de l’Institut Henri Poincaré monte en scène pour répondre à la question : « La mathématique, ça sert à quoi ? Quelle est son éthique ?». Pour Cédric Villani, les mathématiques sont un sujet d’avenir et c’est le plus beau métier du monde. Il faudrait que l’Etat pratique une incitation fiscale en faveur des entreprises qui embauchent des mathématiciens. Les mathématiques sont un enjeu stratégique dans le secteur privé, mais il ne faut surtout pas que les labos où se retrouvent les mathématiciens fassent l’objet de mesures de sécurité trop draconiennes! Ce qu’on ne fait pas en France aujourd’hui, d’autres le feront à l’étranger, ce qui mettrait en péril notre industrie nationale. Beaucoup de métiers en rapport avec les mathématiques n’existent pas encore aujourd’hui. Pour un décideur, la question de confiance pour embaucher un mathématicien est primordiale. Les contacts entre industriels et mathématiciens doivent être plus fréquents et plus étroits. Ils augmentent légèrement aujourd’hui mais il faut développer les rencontres telles que cette matinale de l’innovation

Claudie-Haignere

  • Claudie Haigneré, présidente d’Universcience, rapprochement entre le Palais de la découverte et la Cité des sciences et de l’industrie, a été ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles technologies, puis ministre déléguée aux Affaires européennes, nous a apporté sa vision du monde de la science et des technologies. Le sujet de la connaissance du numérique est aussi important que le problème de l’illettrisme. Les mathématiques doivent impérativement intégrer une culture qui doit être partagée par tous . L’enseignement compte 80% de terminales littéraires et les postes ouverts aux CAPES en mathématiques sont plus nombreux que le nombre de candidats à ces postes. Il est urgent de former plus de docteurs en Mathématiques et de compléter ce potentiel par plus de femmes. Au lycée, les filles obtiennent en moyenne de meilleurs résultats que les garçons mais trop peu s’orientent ensuite vers des filières scientifiques. Dans les universités, on ne compte que 13% de femmes dans les matières scientifiques. donner le goût des mathématiques aux enfants est une question qui ne doit pas être entreprise que dans les collèges et les lycées. C’est un problème culturel où les parents ont un rôle à jouer. Les journalistes qui semblent trop souvent fâchés avec les sciences devraient s’impliquer d’avantage. Nos écoles d’ingénieurs sont enviées dans le monde, les filières universitaires sont d’excellence dans les mathématiques, nous avons une capacité unique et Universcience participe à son développement
  • Gabrielle Gauthey, présidente de la commission Recherche et Innovation du Medef conclut la matinée en insistant sur l’équation :

Mathématiques = croissance de l’économie + emplois

60% des décideurs du secteur privé pensent que les mathématiques sont un important facteur de croissance. Il faut décloisonner le monde des chercheurs et celui des ingénieurs pour lever les freins à l’innovation. Il faut concilier l’être humain et les mathématiques pour susciter plus de vocations et faire que cette discipline ne soit plus réservée à une petite élite d’excellence

La matinale n’a pas permis de trancher le débat sémantique entre technologie et compétence clé, mais l’ensemble des intervenants s’est unanimement manifesté pour rappeler l’importance cruciale des mathématiques pour l’économie et l’emploi, et chacun a proposé des améliorations en fonction de son expérience.

Cette journée sera synthétisée plus avant sur le site du MEDEF, avec les slides et le verbatim des interventions (cf le site  http://www.innover-en-france.com/).

Cette première matinale a permis d’établir des contacts utiles entre le MEDEF et les organisations de mathématiciens, et sera suivie d’un programme d’actions.

En définitive, les mathématiques ce n’est pas qu’une science ni qu’un outil de sélection : c’est un avantage compétitif de la France, pour les entreprises, pour l’emploi et le développement économique. La France doit mener une action groupée de tous les acteurs pour développer et exploiter son point fort.

Et puis personnellement, ce fut une belle expérience que d’organiser cette matinale avec l’équipe du MEDEF (Patrick Schmitt pour son formidable travail) et de l’animer !

Laurent Gouzènes

La terre vue d’en haut – La grande Barrière de Corail en Australie

Voir les choses de haut, prendre du recul au sens propre du terme …

Un magnifique outil, Google Earth, nous permet d’admirer les merveilles de la terre et découvrir des lieux incroyables.
Australie le grand squelette de la barriere de Corail

Australie : la grande barrière de Corail (21°00’21.09″S 151°11’23.52″E)
visible ici https://www.google.com/maps/@-20.4379017,150.8120428,798297m/data=!3m1!1e3

En savoir plus sur la grande barrière de corail  : (http://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_barrière_de_corail)

Nécessité de la gestion des connaissances et cartographies

L’augmentation des informations et des connaissances ces dernières années est pharamineuse :

  • on listait sur le web 20 000 sites en 1995, 10 millions de sites en 2000, et plus de 1 milliard en 2014;
  • l’encyclopédie de Diderot contenait environ 60 000 articles, l’Encyclopaedia Britannica 120 000 et Wikipedia 4,5 millions pour sa seule version anglaise !

La quantité de connaissances produite chaque jour par les centaines de milliers de scientifiques de tous les pays et dans tous les domaines dépasse la capacité d’absorption, (si ce n’est de lecture …) de n’importe quel individu. L’univers de la connaissance a subi son « Big-Bang » cataclysmique.

Il est devenu vain d’apprendre pour apprendre aujourd’hui, alors que le savoir se développe aussi vite. Une curiosité personnelle pour un sujet, une motivation professionnelle sont des moteurs puissants, mais insuffisants seuls pour nous aider à assimiler les notions que nous pourrions juger utiles : comment trier dans cet ensemble gigantesque, comment nous orienter dans ce nouvel univers des savoirs ?

L’immense mémoire collective stockée sur les ordinateurs et accessible par les réseaux nous renvoie non seulement à notre propre ignorance, mais aussi à l’ignorance de notre savoir : que savons nous, que devons nous encore apprendre, que pouvons nous apprendre et dans quel ordre ? L’immobilité face à la complexité est-elle la seule réponse ?

Et pourtant le paradoxe existe : face à cet ensemble infini de connaissances, nous partons avec notre maigre bagage vaillamment à l’exploration, toujours plus avides de savoirs, car les solutions semblent à portée de notre compréhension. Autrefois, nous avions confiance en l’érudition du savant, individu qui avait péniblement compilé et digéré des connaissances dans les livres et les bibliothèques. Aujourd’hui, nous empruntons ce parcours initiatique grâce aux bottes de sept lieues que nous offrent Google et autres moteurs de recherche. Par exemple, avant de consulter un médecin, ou juste après, la démarche n’est elle pas de regarder sur Internet ce qui est su d’une maladie, d’une partie du corps, d’un médicament, ou d’une opération ? Mais invariablement, face à la complexité et faute d’éléments structurants, nos quêtes de savoirs aboutissent sur des résultats bien minces et peu étayés face à celui des spécialistes. Que doit-on apprendre pour résoudre un problème qui s’impose à nous, et tout aussi symétriquement, comment identifier nos acquis ? Une question fondamentale pour les organisations, mais aussi à l’échelle de l’individu !

Faire la liste des grands thèmes puis la raffiner progressivement, et ceci en fonction des besoins est une tâche qui  s’avère non seulement très longue intrinsèquement (à quel niveau de détail s’arrêter ?) mais aussi qui doit prendre en compte, pour être efficace, le fait que les connaissances ne sont pas indépendantes, mais liées entre elles. L’univers des connaissances est un gigantesque graphe en perpétuelle et rapide expansion. Nos savoirs, balises imprécises dans cet univers, sont des marqueurs de territoires dont nous devons pousser et reculer les frontières.

Il nous faut une carte de l’univers des connaissances, à des échelles variées, nous permettant, comme avec nos GPS, de naviguer de façon compréhensible et mesurée dans ce tissu complexe et invisible. Comme dans tout voyage et avant de partir, nous devons penser à l’utilisation de cartes, d’outils de navigation et de moyens de transport efficaces et rapides.

La gestion des connaissances est en premier lieu un problème de cartographie.

Comment accéder à mes cartes publiques Xmind , Mind Manager et autres formats?

Mes cartes publiques sont sur le site de partage Biggerplate – rubrique recherche/search :

http://www.biggerplate.com/search.aspx

Ensuite, rentrer le mot clé « KMM »

Cet ensemble de cartes s’enrichira avec le temps !

Bonnes découvertes 🙂

PS : si vous ne l’avez pas, XMIND est téléchargeable gratuitement ici :

http://www.xmind.net/download/win/