LES LIGNES DE TEMPS (TIMELINE)

Comment relier les événements et le temps, pour faire comprendre simplement et efficacement leurs interactions ?

La ligne de temps (autre termes : frise chronologique ou timeline en anglais) est un outil visuel d’aide à la compréhension.

A la base, une simple ligne, à laquelle on peut raccrocher visuellement des événements :

Il faut noter au passage que cette représentation est très occidentale : certaines cultures voient le temps s’écouler de la droite vers la gauche selon l’ordre d’écriture, du haut vers le bas ou le contraire, voire disposent d’un modèle circulaire du temps … mais restons sur notre concept de temps usuel pour la suite, linéaire et suivant l’écriture.

Cette présentation permet de mieux montrer la synchronisation d’événements historiques, par exemple la cartographie suivante, montrant les divisions de la France après Clovis  jusqu’à Charles Martel :

L’intérêt des lignes de temps est aussi de rajouter d’autres informations de nature non événementielle. La ligne de temps la plus célèbre et aussi magnifique est celle de l’historien Minard sur la campagne de Russie de Napoléon , permettant de retracer l’évolution (désastreuse) des effectifs, la progression dans l’espace (aller et retour) et la température des lieux (glaciale) :

Chronologie de la campagne de Russie par Minard (cliquer pour voir les détails)

La manipulation informatique des lignes de temps est beaucoup plus pratique qu’avec le papier :

  • les outils permettent de jouer sur la durée (par exemple afficher une période entière allant de la durée de l’univers à des fractions de temps plus humaines comme l’année, le mois ou la journée). L’affichage du temps est réglé soit sur l’écoulement du temps (intervalles constants entre dates) soit sur les événements (distance constante entre événements). La ligne entière, qui ne tient que rarement sur une page A4 imprimée, peut défiler à la demande. La limitation des outils de type Powerpoint est alors patente !
  • les outils permettent aussi de choisir le type des contenus: si le temps est une dimension partagée par tous, l’affichage à la demande de plusieurs thématiques à la demande est un moyen de rapprochement et compréhension très intéressant (cf par exemple la carte de Minard ci-dessus).

Je vous invite à visiter chronozoom, démontrant cette double vision temporelle et thématique.

L’utilité en entreprise est multiple :

– comme instrument d’historisation (tourné vers le passé) : à grande échelle on retrouve les lignes de temps dans les livres institutionnels de sociétés fêtant leurs 10 ans, 50 ans, 100 ans, etc, mais il est aussi possible de les utiliser à petite échelle pour des projets  (par exemple  pour tracer la réalisation d’un projet, pour remonter l’histoire d’un contentieux et suivre la piste des différents documents échangés, etc).

– comme instrument de planification (tourné vers le futur) : projets pour  lesquels le temps joue un rôle majeur car des délais sont imposés (préparation pour une conférence, une exposition, …), à condition que la linéarité des événements reste simple, sinon il faut préférer un outil de planification de projet pour l’analyse. L’outil peut ainsi être parfait pour définir des roadmaps, contenant de plus tous les liens techniques nécessaires.

Malgré l’utilité évidente des lignes de temps il n’existe cependant pas d’outil universel et simple pour la gestion d’entreprise. En effet, la variété des projets et éléments gérés est très vaste et l’outil doit s’adapter à l’entreprise et à ses habitudes. Il existe de nombreux logiciels sur le net gratuits ou payants, mais leur intégration dans une base quotidienne est rarement élémentaire (cf par exemple ici). Le ratio valeur ajoutée/coût d’usage est à maîtriser !

Cartographier les disciplines rares

Les disciplines rares sont des disciplines émergentes, ou dont le marché est tellement restreint qu’il n’y a plus que quelques spécialistes.

Par les phénomènes de vote majoritaire et de reconduction des postes 1 pour 1 dans le système universitaire, les disciplines rares anciennes disparaissent petit à petit, alors que les nouvelles n’émergent pas. L’immobilisme mène inéluctablement à l’étiolement et l’étouffement.

La réflexion et l’étude sur le sujet dans le milieu universitaire viennent de faire l’objet d’un rapport dense et clair (cf Disciplines rares dans les universités: remise du rapport à Najat Vallaud-Belkacem.). Celui-ci préconise notamment la création d’un observatoire pour la cartographie de ces disciplines rares.

Les entreprises doivent aussi mener leur étude interne de ces disciplines rares mais critiques, pour lesquelles peu d’experts existent, mais dont l’existence est fondamentale pour leur performance présente et future.

ENQUETE SENATORIALE SUR LE CREDIT IMPOT RECHERCHE (CIR)

J’ai eu l’honneur et le plaisir de plancher jeudi 19 mars dernier devant la « Commission d’enquête sur la réalité du détournement du crédit d’impôt recherche de son objet et de ses incidences sur la situation de l’emploi et de la recherche dans notre pays » ( cf ici  ) en tant que représentant du MEDEF (cf innover en France). Le coût budgétaire du dispositif supérieur à 5 Milliards d’€ justifie un examen régulier et une évaluation continue de l’efficacité de ce volet de la politique publique, mais le titre de l’enquête est assez désagréable dans l’intitulé « détournement ».

L’objet de l’entretien était de présenter le point de vue général des entreprises sur le dispositif, puis de répondre à une série de 18 questions portant sur des données statistiques et économiques ainsi que sur les aspects techniques et juridiques de mise en œuvre du dispositif, voire parfois de théorie économique (combien rapporte un euro investi en R&D ?...). La convocation me parvient par le MEDEF et directement à mon domicile.

Préparer une audition réalisée sous serment avec autant d’enjeux (le CIR est un des tous premiers dispositifs fiscaux bénéficiant aux entreprises effectuant de la recherche) n’est pas un exercice trivial : il faut se préparer avec les équipes du MEDEF, les spécialistes juridiques d’horizons divers, des partages avec les autres syndicats professionnels, quelques entretiens privés avec des responsables de recherche d’entreprises de toute taille, et bien sûr réviser 10 ans d’expérience et de chiffres et d’argumentaires de « doctrine » présents dans de nombreux textes au format Word, Powerpoint et sites web, sans oublier de relire quelques textes de loi, instructions fiscales et décrets…

L’outil XMIND utilisé a été un outil formidable d’aide à l’organisation de cette audition, pour répertorier les questions, et l’argumentation des réponses (cf mon article sur les cartes argumentaires), repérer tous les documents contenant des chiffres ou des argumentaires, voire plus simplement, obtenir une cartographie rapide de la composition et du positionnement des membres de la Commission (cf mon article sur les cartographies de controverses). En séance, disposer de notes structurées, lisibles et synthétiques permet de retrouver immédiatement toutes ses marques en un rapide coup d’œil.

La salle d’audience est une grande pièce très lumineuse avec des grandes fenêtres donnant sur le magnifique jardin du Luxembourg, à quelques pas de l’hémicycle qu’il faut contourner par un inhabituel et long couloir circulaire. La beauté des marbres du sol m’impressionne toujours, la dureté et le poli parfait de la pierre étant manifestement choisis pour la pérennité solennelle et éternelle de l’Etat français (cf www.senat.fr/patrimoine.html ). Le dispositif d’audience est un assemblage de bureaux en U équipés de micros pour une trentaine de personnes, où l’on nous invite à prendre place sur l’un des côtés, les sénateurs étant au centre, leurs assistants et preneurs de notes étant de l’autre côté. Un petit carré de journalistes assiste dans le bout de table à cette audition. Un petit stress au moment du serment (après l’invitation du Président : « je le jure »), l’adrénaline monte et c’est parti pour une heure de parole et de questions parfois très imprégnées d’idéologie et de partialité auxquelles il faut apporter une réponse rationnelle et argumentée. J’aime ces confrontations, non pas pour le plaisir du pur combat, mais parce que le point de vue différent du mien oblige à une réflexion approfondie et enrichissante sur la thématique en jeu. Ceci étant, terminer ce grand oral est aussi un soulagement !

Une visualisation dynamique de l’évolution de l’épidémie HIV

Il me semble parfois très difficile de raconter en mots, ce que l’on voit en une seule image, surtout lorsqu’une animation interpelle nos neurones détecteurs de mouvements.

Où en est l’épidémie HIV dans le monde ?

La cartographie suivante (http://www.gapminder.org/world)  montre le taux de HIV en fonction de la richesse du pays (PIB/habitant) : tous les pays sont atteints !

Il apparait clairement que les pays riches, mieux éduqués se protègent mieux, mais aussi que pour avoir des taux bas, la mentalité locale est prépondérante, avec des raisons très différentes par ailleurs (cf Allemagne et Tunisie vs France).

L’évolution temporelle est visible grâce à une animation (il faut déplacer le curseur dans le bas de la page, et cocher éventuellement l’option traces/trails) : loin d’être finie, l’épidémie continue à se développer en Afrique, mais aussi dans le tiers monde en général.  Dans les pays développés, l’épidémie n’est pas en recul, elle est juste stabilisée, ce qui reste inquiétant.

Au contraire du virus Ebola, à effet rapide et foudroyant, le virus HIV se diffuse longtemps et partout avant de tuer son hôte, une redoutable efficacité !

CARTOGRAPHIE DES CONTROVERSES

Démêler grâce à un schéma un sujet embrouillé par des questions complexes et imbriquées d’expertises techniques, juridiques, morales, économiques et sociales, politiques, tel est l’objet de la cartographie des controverses.

Initialisées par Bruno Latour (cf http://fr.wikipedia.org/wiki/Bruno_Latour), ces présentations visuelles de sujets complexes permettent une compréhension beaucoup plus simple des acteurs, enjeux, éléments, etc. Issues d’une réflexion profonde sur la pensée, et les modes d’apprentissage de la pensée critique et scientifique, cette technique d’analyse et de présentation est aujourd’hui largement enseignée dans le monde, et entre autres à Sciences Po en France.

Exemple : le projet de la Tour Triangle a mobilisé des acteurs parisiens très variés, et cristallisé des positions antagonistes autour de la notion de développement urbain. Un schéma de cartographie permet de représenter en une fois les acteurs, leurs motivations et valeurs, leurs liens et proximités

De nombreuses histoires, détails et commentaires se rajoutent à cette carte, mais la structuration présentée est incontournable, et peut aussi servir d’outil de dialogue. Par exemple ici, l’opposition des riverains s’exprime principalement sur les risques de perte de qualité de vie, face aux bénéfices attendus par la majorité des politiques sur l’emploi et la dynamique économique. Les deux projets sont-ils conciliables ?

Beaucoup de projets peuvent bénéficier de ces visualisations, que ce soit sur des grands sujets (nucléaire, développement durable, …) comme sur des projets locaux ( barrage de Sivens, ferme des 1000 vaches, …).

Il reste cependant à trouver la bonne formule pour la carte : le schéma suivant, proposé pour analyser le retrait US d’Afghanistan, montre la complexité, mais n’apporte pas d’aide réelle pour identifier des scenarii !

Une artiste qui sort du cadre

L’artiste sud-africaine Barbara Wildenboer nous interpelle sur les liens entre la réalité, les fractales, les mots dans les livres, la continuité et l’éclatement, les liens entre toutes choses  : comment rester indifférent devant une métaphore graphique aussi magnifique ?

Barbara Wildenboer

L’art de Barbara Wildenboer, par son élégant design, dépasse les mots pour nous toucher directement dans le sublime.

Pour voir plus d’œuvres de la même artiste :

LES CARTES ARGUMENTAIRES

Existe-t-il une façon de présenter l’argumentation d’une assertion qui en permet l’appréhension rapide et plus efficace par un interlocuteur ? OUI ! il s’agit de la carte argumentaire.

Soit « A » l’assertion que nous voulons démontrer.

L’interlocuteur peut admettre « A » sans discuter, mais souvent il demandera plus, surtout si « A » est complexe ou le concerne directement dans son confort.

L’explication prendra alors la forme suivante : « A » car « B » et « C », « B » car « D » et « E », « C » car « F » et non « G », car non « H », etc…

Une carte argumentaire est la représentation visuelle de la structure d’une argumentation. Le dessin est à base de graphes, dont les nœuds sont la conclusion, les hypothèses, les prémisses, le références, les lemmes, etc. Les arcs lient visuellement ces éléments entre eux.

ARGUMENTATION - ARBRE

L’objectif est de simplifier la lecture du raisonnement, ainsi que de focaliser l’attention lors d’un instant ou d’une discussion. Le diagramme ci-dessus permet de voir immédiatement que « E » et « F » sont indépendants, et comment ils concourent à « A ». Cette structuration est très difficile à présenter dans un discours textuel linéaire classique.

La représentation sous forme de graphe permet également d’effectuer plusieurs parcours/lectures de l’arbre, tous équivalents, mais dont l’ordre diffère. Plus pratique encore, un parcours partiel de l’arbre permet de se consacrer exclusivement à un sujet.

Structuration, clarté, rigueur, facilité d’écriture, plusieurs modes de lecture possible, la carte argumentaire est un outil de base pour appuyer des raisonnements !

Que pensez-vous de largumentation suivante ?

les-biocarburants-sont-bons-pour-lenvironnement

Les Mathématiques Technologie clé !

C’est le titre bien provocateur de cette première et inaugurale « matinale de l’innovation » qui a eu lieu ce 30 janvier au MEDEF. Et pourtant près de 300 inscrits professionnels et grand public ont répondu présents, le grand amphi rue Bosquet presque plein !

Cedric-Villani

Nous étions partis d’un constat :

  • La performance et la productivité de secteurs aussi variés que l’informatique, les transports, l’agriculture, la biologie, la recherche pétrolière, l’ingénierie des systèmes complexes reposent tous sur la performance d’outils mathématiques, sur la capacité de modélisation mathématique et de calcul de ces modèles. A ce constat technique et intuitif se rajoute se rajoute l’étude économique Deloitte en UK qui montre que près de 10% du PIB est relié directement ou indirectement à des activités mathématiques.
  • Le monde économique et technique n’a jamais eu autant besoin de mathématiques et de mathématiciens.
  • La France a des atouts maîtres dans ce domaine, avec une densité de mathématiciens de haut vol (Médailles Fields et autres formations) exceptionnelle.

Et nous entendons d’un autre coté des commentaires et des résultats inquiétants :

  • Une image très négative dans les esprits et les médias :
    • Les mathématiques favorisent la sélection
    • Les mathématiques c’est compliqué, je n’y comprends rien
    • Les mathématiques c’est abstrait, ce n’est pas pour l’entreprise
    • etc
  • Réduction des heures en mathématiques dans l’enseignement secondaire
  • Un niveau PISA en berne pour la France, qui se situe très loin des 3 premiers, et dont l’écart aux premiers est inquiétant : Chine-Shanghai 613 points, France 495, Colombie 376.

Le système français fait-il marche arrière sur un de ses points forts ? Devons nous être inquiets pour l’avenir ? Peut-on encore, et si oui comment développer cet avantage compétitif pour la France ?

Les présentations, très résumées ci-dessous ont présenté les points suivants :

  • Pierre Gattaz, président du MEDEF et de Radiall, a resitué la colloque dans le contexte de la dynamique économique et de l’emploi : il faut utiliser les mathématiques car elles sont cruciales pour la croissance et l’emploi.
  • Alain Bravo, Vice président de l’Académie des Technologies, considère les mathématiques comme une compétence clé sur laquelle viennent s’appuyer l’ensemble des techniques.
  • Gabriel Gross, président de Meteoprotect, nous a expliqué l’intérêt des mathématiques pour ajuster la production des entreprises en fonction des données statistiques et en particulier de la météo: par exemple les volumes de gaz consommés pour le chauffage sont directement en phase avec le niveau de la température.,
  • Corine Mestais, directrice de recherche au CEA – Grenoble nous présente le projet « Brain computer interface » développé au sein du groupe Clinatec. Une équipe de médecins, technologues, ingénieurs, mathématiciens mène des recherches et des expériences pour comprendre comment l’intention d’une personne peut se traduire en influx nerveux qui commandent ses mouvements. Il s’agit, par des mesures de signaux d’activités de certaines parties du cerveau, d’imaginer les mouvements souhaités et, par des modélisations mathématiques et algorithmes, de les traduire en activités motrices exécutées par des prothèses qui équipent les patients.
  • Stéphane Cordier, agrégé et docteur en mathématiques, directeur de l’Agence pour les Mathématiques en Interaction avec l’Entreprise et la Société (AMIES), nous parle de la place du mathématicien dans une entreprise. Les mathématiciens ne sont pas toujours visibles dans les entreprises, mais y sont très présents et reconnus comme facteurs de croissance. Ils sont, en fait, l’oxygène du monde digital car vitaux pour faire vivre les technologies du numérique. Il convient de changer l’image du docteur en mathématiques dans l’entreprise, faire savoir qu’on peut tirer de gros profits de sa compétence et surtout qu’il n’est pas seulement confiné au monde de la Recherche. On compte environ 12000 titulaires d’un doctorat en mathématiques en France, avec seulement 20% de femmes, et 4000  chercheurs dans le secteur académique. Notre pays n’a pas de territoires déserts en docteurs en mathématiques et produit environ 500 docteurs en mathématiques chaque année dont un tiers part à l’étranger, mais ce tiers est compensé par un autre tiers qui vient de l’étranger. Avec le nombre de médailles Fields décernées à des Français (dont celle de Cédric Villani en 2010), l’Ecole Mathématique de France est reconnue dans le monde entier pour son niveau d’excellence. Au Congrès International des Mathématiciens, qui s’est tenu à Séoul en août 2014, où sont décernés les médailles Fields aux mathématiciens, jugés les plus brillants et de moins de quarante ans, 20% des lauréats étaient français.
  • Cédric Villani, médaille Fields 2010, professeur à l’Université Lyon 1 et directeur de l’Institut Henri Poincaré monte en scène pour répondre à la question : « La mathématique, ça sert à quoi ? Quelle est son éthique ?». Pour Cédric Villani, les mathématiques sont un sujet d’avenir et c’est le plus beau métier du monde. Il faudrait que l’Etat pratique une incitation fiscale en faveur des entreprises qui embauchent des mathématiciens. Les mathématiques sont un enjeu stratégique dans le secteur privé, mais il ne faut surtout pas que les labos où se retrouvent les mathématiciens fassent l’objet de mesures de sécurité trop draconiennes! Ce qu’on ne fait pas en France aujourd’hui, d’autres le feront à l’étranger, ce qui mettrait en péril notre industrie nationale. Beaucoup de métiers en rapport avec les mathématiques n’existent pas encore aujourd’hui. Pour un décideur, la question de confiance pour embaucher un mathématicien est primordiale. Les contacts entre industriels et mathématiciens doivent être plus fréquents et plus étroits. Ils augmentent légèrement aujourd’hui mais il faut développer les rencontres telles que cette matinale de l’innovation

Claudie-Haignere

  • Claudie Haigneré, présidente d’Universcience, rapprochement entre le Palais de la découverte et la Cité des sciences et de l’industrie, a été ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles technologies, puis ministre déléguée aux Affaires européennes, nous a apporté sa vision du monde de la science et des technologies. Le sujet de la connaissance du numérique est aussi important que le problème de l’illettrisme. Les mathématiques doivent impérativement intégrer une culture qui doit être partagée par tous . L’enseignement compte 80% de terminales littéraires et les postes ouverts aux CAPES en mathématiques sont plus nombreux que le nombre de candidats à ces postes. Il est urgent de former plus de docteurs en Mathématiques et de compléter ce potentiel par plus de femmes. Au lycée, les filles obtiennent en moyenne de meilleurs résultats que les garçons mais trop peu s’orientent ensuite vers des filières scientifiques. Dans les universités, on ne compte que 13% de femmes dans les matières scientifiques. donner le goût des mathématiques aux enfants est une question qui ne doit pas être entreprise que dans les collèges et les lycées. C’est un problème culturel où les parents ont un rôle à jouer. Les journalistes qui semblent trop souvent fâchés avec les sciences devraient s’impliquer d’avantage. Nos écoles d’ingénieurs sont enviées dans le monde, les filières universitaires sont d’excellence dans les mathématiques, nous avons une capacité unique et Universcience participe à son développement
  • Gabrielle Gauthey, présidente de la commission Recherche et Innovation du Medef conclut la matinée en insistant sur l’équation :

Mathématiques = croissance de l’économie + emplois

60% des décideurs du secteur privé pensent que les mathématiques sont un important facteur de croissance. Il faut décloisonner le monde des chercheurs et celui des ingénieurs pour lever les freins à l’innovation. Il faut concilier l’être humain et les mathématiques pour susciter plus de vocations et faire que cette discipline ne soit plus réservée à une petite élite d’excellence

La matinale n’a pas permis de trancher le débat sémantique entre technologie et compétence clé, mais l’ensemble des intervenants s’est unanimement manifesté pour rappeler l’importance cruciale des mathématiques pour l’économie et l’emploi, et chacun a proposé des améliorations en fonction de son expérience.

Cette journée sera synthétisée plus avant sur le site du MEDEF, avec les slides et le verbatim des interventions (cf le site  http://www.innover-en-france.com/).

Cette première matinale a permis d’établir des contacts utiles entre le MEDEF et les organisations de mathématiciens, et sera suivie d’un programme d’actions.

En définitive, les mathématiques ce n’est pas qu’une science ni qu’un outil de sélection : c’est un avantage compétitif de la France, pour les entreprises, pour l’emploi et le développement économique. La France doit mener une action groupée de tous les acteurs pour développer et exploiter son point fort.

Et puis personnellement, ce fut une belle expérience que d’organiser cette matinale avec l’équipe du MEDEF (Patrick Schmitt pour son formidable travail) et de l’animer !

Laurent Gouzènes

La terre vue d’en haut – La grande Barrière de Corail en Australie

Voir les choses de haut, prendre du recul au sens propre du terme …

Un magnifique outil, Google Earth, nous permet d’admirer les merveilles de la terre et découvrir des lieux incroyables.
Australie le grand squelette de la barriere de Corail

Australie : la grande barrière de Corail (21°00’21.09″S 151°11’23.52″E)
visible ici https://www.google.com/maps/@-20.4379017,150.8120428,798297m/data=!3m1!1e3

En savoir plus sur la grande barrière de corail  : (http://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_barrière_de_corail)

Nécessité de la gestion des connaissances et cartographies

L’augmentation des informations et des connaissances ces dernières années est pharamineuse :

  • on listait sur le web 20 000 sites en 1995, 10 millions de sites en 2000, et plus de 1 milliard en 2014;
  • l’encyclopédie de Diderot contenait environ 60 000 articles, l’Encyclopaedia Britannica 120 000 et Wikipedia 4,5 millions pour sa seule version anglaise !

La quantité de connaissances produite chaque jour par les centaines de milliers de scientifiques de tous les pays et dans tous les domaines dépasse la capacité d’absorption, (si ce n’est de lecture …) de n’importe quel individu. L’univers de la connaissance a subi son « Big-Bang » cataclysmique.

Il est devenu vain d’apprendre pour apprendre aujourd’hui, alors que le savoir se développe aussi vite. Une curiosité personnelle pour un sujet, une motivation professionnelle sont des moteurs puissants, mais insuffisants seuls pour nous aider à assimiler les notions que nous pourrions juger utiles : comment trier dans cet ensemble gigantesque, comment nous orienter dans ce nouvel univers des savoirs ?

L’immense mémoire collective stockée sur les ordinateurs et accessible par les réseaux nous renvoie non seulement à notre propre ignorance, mais aussi à l’ignorance de notre savoir : que savons nous, que devons nous encore apprendre, que pouvons nous apprendre et dans quel ordre ? L’immobilité face à la complexité est-elle la seule réponse ?

Et pourtant le paradoxe existe : face à cet ensemble infini de connaissances, nous partons avec notre maigre bagage vaillamment à l’exploration, toujours plus avides de savoirs, car les solutions semblent à portée de notre compréhension. Autrefois, nous avions confiance en l’érudition du savant, individu qui avait péniblement compilé et digéré des connaissances dans les livres et les bibliothèques. Aujourd’hui, nous empruntons ce parcours initiatique grâce aux bottes de sept lieues que nous offrent Google et autres moteurs de recherche. Par exemple, avant de consulter un médecin, ou juste après, la démarche n’est elle pas de regarder sur Internet ce qui est su d’une maladie, d’une partie du corps, d’un médicament, ou d’une opération ? Mais invariablement, face à la complexité et faute d’éléments structurants, nos quêtes de savoirs aboutissent sur des résultats bien minces et peu étayés face à celui des spécialistes. Que doit-on apprendre pour résoudre un problème qui s’impose à nous, et tout aussi symétriquement, comment identifier nos acquis ? Une question fondamentale pour les organisations, mais aussi à l’échelle de l’individu !

Faire la liste des grands thèmes puis la raffiner progressivement, et ceci en fonction des besoins est une tâche qui  s’avère non seulement très longue intrinsèquement (à quel niveau de détail s’arrêter ?) mais aussi qui doit prendre en compte, pour être efficace, le fait que les connaissances ne sont pas indépendantes, mais liées entre elles. L’univers des connaissances est un gigantesque graphe en perpétuelle et rapide expansion. Nos savoirs, balises imprécises dans cet univers, sont des marqueurs de territoires dont nous devons pousser et reculer les frontières.

Il nous faut une carte de l’univers des connaissances, à des échelles variées, nous permettant, comme avec nos GPS, de naviguer de façon compréhensible et mesurée dans ce tissu complexe et invisible. Comme dans tout voyage et avant de partir, nous devons penser à l’utilisation de cartes, d’outils de navigation et de moyens de transport efficaces et rapides.

La gestion des connaissances est en premier lieu un problème de cartographie.